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09/12/05
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Un styliste dans un village normand
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Courtonne-le-Meudrac, un village de 700 habitants, abrite un curieux phénomène. On ne s’attend pas à rencontrer, dans ce village du Pays d’Auge, un jeune maroquinier de 28 ans qui produit, en série limitée et sur mesures, une centaine de sacs à main par an.
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Natif de Courtonne, Vincent d’Halluin a choisi, après des études à Paris, de revenir dans son village natal pour y réaliser son rêve. «Mon but a toujours été de retourner dans ma province pour développer mon savoir-faire et le luxe français en Normandie».
Tout jeune, Vincent savait ce qu’il voulait. On peut, dans son cas, parler de vocation. À seize ans et demi, il savait qu’il voulait «être dans le milieu du cheval». Ses parents l’orientent alors vers le cuir - harnachement. Il passe tout de suite, à 17 ans, son CAP de styliste en maroquinerie. «Je savais, se souvient-il, ce que j’allais créer en première année de modélisme». Sa motivation était la même qu’aujourd’hui : la haute couture et le luxe. «J’ai orienté tout mon cursus professionnel dans cette direction».

Vincent passe donc quatre ans à Paris, dans la meilleure école de maroquinerie générale : la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, «l’Abbé Grégoire». Il lui faut ensuite deux ans pour obtenir son CAP de maroquinier, puis deux autres années pour décrocher ses galons de modéliste-styliste. «Il y a alors le choix, explique-t-il : on peut entrer dans une entreprise ou aller chez les Compagnons du Devoir. J’ai préféré cette dernière solution, et j’y suis resté trois ans».
Il ouvre son entreprise le 9 mai 2000. Un espace relativement petit mais où l’investissement en machines est important : «Pour faire du beau, il faut des machines de pointe». Il travaille seul et cumule les responsabilités de la création et de la fabrication avec celles de chef d’entreprise et d’artisan. Chaque pièce est unique, beaucoup sont faites sur mesure.
Vincent explique comment il travaille en général : «Un client veut offrir un sac à sa femme. Je demande des renseignements sur sa personnalité, son style, ses goûts, sa façon de vivre. Je cherche à savoir si elle est classique, ou excentrique. C’est à partir de là que je crée un sac».

Tout commence par un dessin. Au bout d’une vingtaine de croquis, une maquette en réduction voit le jour. Le client revient et Vincent dessine avec lui les modifications. Il lui présente également un modèle réduit (en skaï) qui donne, à petite échelle, la notion de volume. Intervient alors le choix du cuir - buffle ou taureau ? - puis celui de la doublure. Tout est cousu à la main, y compris les «points de solidité» qui garantissent au sac une vie plus longue. Un sac sur mesure demande, au moins, huit heures de travail et coûte 350 €).
Une bonne nouvelle : nombreux sont les hommes qui veulent faire à leur femme ou à leur petite amie la surprise d’un sac uniquement conçu pour elles. Dixit Vincent. Qui ajoute : « Ma devise est que mes clients ne croisent pas un sac identique au leur sur le même trottoir». C’est pour cela qu’il veille à protéger les modèles de sa griffe : tous sont déposés à l’INPI.
«L’ambition de mon entreprise, explique-t-il aussi, est de développer ma marque. Pour cela, je crée sans cesse de nouvelles collections. Et, pour trouver l’inspiration, je fais comme tous les créateurs : il faut régulièrement s’informer, parler, s’instruire, visiter des musées…».
L’autre ambition de Vincent est d’être référencé sur Paris. Il travaille également l’export, depuis cinq ou six mois. Aidé par une personne de la Chambre Régionale des métiers du Calvados, il vise les pays à fort pouvoir d’achat : USA, Japon, Suisse, Luxembourg. Il a remarqué que le Japon était intéressé par ses productions «Les japonais ne souhaitent plus acheter à Paris. Ils préfèrent se tourner vers des articles fabriqués et vendus en province. Ils veulent être en direct, et pouvoir venir chez l’artisan». Parallèlement, Vincent prépare un salon international à Paris, en mars 2002 - où les japonais seront présents - Il a aussi de bons contacts avec des magasins parisiens, mais s’interroge encore sur ceux susceptibles de diffuser ses produits au mieux.
Passer au stade de l’industrialisation ? Vincent n’y tient pas. «Je préfère mille fois renouveler mes collections. J’utilise les meilleurs fournisseurs du monde du luxe. Je ne veux pas m’industrialiser». Vincent, en fait, tient à rester artisan. Tout en jouissant d’un retour aux sources qui le remplit de joie s’il est revenu au village, c’est aussi pour montrer aux enfants que l’on pouvait exercer un métier intéressant et y réussir, quand on avait la passion chevillée au corps. Alors, tous les étés, une vingtaine de gosses âgés de 6 à 13 ans viennent chez Vincent s’initier au métier. Les petits stagiaires confectionnent chacun une pièce : qui une bourse, qui un coffret à bijoux, qui un étui à lunettes… Comme le dit si bien le maître des lieux, «Courtonne-le-Meudrac est un village où tout le monde s’investit…».
Du 01 Janvier 2006 au Lundi 31 Decembre 2007
Exposition permanente de différentes collections de maroquinerie Vincent D'Halluin sont exposées au corner shop du club house toute l'annnée. St Julien sur Calonne 14130 Pont-L'Evêque www.lucienbarriere.com
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