27/09/05

Haute
technologie

La société Cramet, entreprise familiale depuis trois générations, a su prendre le tournant de l'évolution technologique en se spécialisant dans le tube de haute précision, principalement à destination des industries de pointe.

Dignes descendants d’une famille de maréchaux-ferrants, les frères Cramet, Yves et Michel, dirigent la société Cramet où trois générations se sont déjà succédées à la tête de l’entreprise créée en 1920 et qui s’est spécialisée aujourd’hui dans les petites et moyennes séries, de pièces en tubes cintrées.

Le travail du tube est un travail délicat: il occupe, dans l’atelier, sept personnes qui découpent, cintrent, pointent, assemblent des tubes en acier, en aluminium ou en inox. Les salariés sont ici depuis longtemps. Chez Cramet, pas de turn over : «c’est parce que l’on est bien chez nous», constate Yves Cramet.

Du sur mesure

Le travail du tube intéresse aussi bien l’automobile que le bâtiment, l’agriculture, les loisirs ou la manutention. L’entreprise est, un généraliste qui répond aux besoins des clients et ne travaille que sur commande. Sans aucun plan, à partir d’une pièce unique. C’est-à-dire que, chez Cramet, l’on fabrique aussi bien une poignée de manche de tondeuse à 1€ qu’un serpentin de refroidissement pour éolienne qui coûte dix mille fois ce prix,

Dans un atelier de 400 m2, on travaille les produits longs. La première opération s’effectue sur un banc de sciage entièrement automatique. D’autres mobilisent des machines ultra sophistiquées : un centre de mesure informatisé qui définit au millimètre prêt les dimensions des pièces, des machines à commandes numériques destinées à reproduire les clones en série. Un atelier où des machines anciennes, parfois vieilles de trente ans, mais indispensables pour certaines tâches qui ne peuvent être automatisées, complètent des équipements de pointe.

Un travail en équipe

Yves Cramet, qui dirige cette entreprise au chiffre d’affaires de plus de 838 469 euros depuis neuf ans, n’a qu’un regret : «ne pas avoir fait une formation plus poussée avant de prendre la tête de la société. J’ai énormément de respect pour les personnes qui ont pensé ces systèmes». Pourtant, avec son diplôme universitaire de technologie, Yves se défend très bien. Chez lui, on travaille en équipe. On va de plus en plus au cœur du métier. Par exemple, l’entreprise fera de plus en plus d’assemblage. «Ce qu’on décide de ne pas faire, explique-t-il, on le fait avec d’autres : on sous-traite». Yves croit en effet qu’une petite entreprise qui fait un peu de tout sans se spécialiser n’a pas d’avenir.

Donneurs d’ordres : un vrai dialogue

Sa société, en revanche, a su s’imposer là où les grandes entreprises préfèrent maintenant sous-traiter certaines pièces et laisser le soin à d'autres professionnels de créer des prototypes. «L’approche des donneurs d’ordres a beaucoup changé», fait remarquer Yves.

Un véritable dialogue s’est instauré entre le client et l’artisan, chargé d’assumer un projet depuis son étude, jusqu'à sa réalisation. C’est la phase du travail préférée d’Yves, celle où il donne libre cours à son imagination, à sa passion.

L’avenir ? Il le considère avec optimisme : «Le tout est de rester réactif et spécialisé. Pour remplir des missions ponctuelles, il y aura toujours de la place pour un petit à côté d’un grand». Le présent, en tout cas, semble lui donner raison.

Cramet

181, rue d’Ypres

59520 Marquette

Tél : 03 28 38 11 88

Procédure qualité

Comme nombre d’artisans partenaires de donneurs d’ordres, la société Cramet est inscrite dans une démarche qualité A, qui est un peu la norme ISO de l’artisan.

En 1998, les salariés ont suivi plus d’un an de formation. Ils ont été intéressés et ont apprécié les bienfaits d’une démarche qualité : remise en question, motivation de l’équipe… Une nouvelle machine qui vient de rentrer, d’une valeur de 228 673 euros (1,5 MF) est la résultante de la procédure qualité. Yves Cramet a inventé un mot pour résumer toute la richesse de la démarche, «MOTIVACTION» : motivation, organisation, travail.