20/01/06

Le commerce électronique s’envole en 2005

Le bilan du commerce électronique 2005 était présenté cette semaine par la Fédération des entreprises de vente à distance au ministère des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions libérales. Tous les indicateurs sont au vert : les ventes en ligne et les achats de Noël explosent, le nombre de sites marchands ne cesse de croître, les petites entreprises s’y mettent aussi, les consommateurs affichent leur satisfaction

Le 13 décembre dernier, Renaud Dutreil avait salué la croissance de 50% du commerce électronique en France en 2004. Réunissant les principaux acteurs du secteur, le ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions libérales avait convenu avec eux d’un certain nombre d’actions à mener pour permettre une meilleure connaissance et une meilleure maîtrise cette ancienne nouvelle économie. Aujourd’hui, alors que les chantiers lancés avancent à grand pas, la publication des chiffres du bilan 2005 fait état d’un commerce électronique florissant. La Fevad, dont les adhérents représentent maintenant 90% du secteur avec l’arrivée dans ses rangs d’Opodo et de Voyages-SNCF, présentait mardi 24 janvier son tableau de bord annuel du commerce électronique.

François Monmboisse et Marc Lollivier de la FEVAD

Premier constat : le commerce sur Internet n’est plus un marché de niche, il devient un véritable marché de masse. Avec une nouvelle progression annuelle de 53%, le secteur approche maintenant les 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 1,7 milliard pour la seule période de Noël (novembre-décembre). En fin d’année, on savait que les produits numériques seraient un succès grâce aux baladeurs MP3, webcam, à la téléphonie mobile et au développement de photos numériques. La surprise vient plutôt des vêtements et chaussures, qui font un bond de 7,7%. A l’inverse, les CD et DVD représentent toujours le premier poste d’achat, mais voient leur volume global chuter de 12%. Au total, le panier moyen augmente de 14% à 75 euros, avec un doublement du nombre des gros acheteurs (plus de 500 euros). Le panel réalisé grâce aux données des trente sites les plus fréquentés (1) donne une idée encore plus précise du rôle de ces leaders. Leur chiffre d’affaires dépasse les 4 milliards d’euros, dont plus de la moitié dans la seule catégorie voyages-loisirs. Ces trente sites réunis enregistrent une moyenne de 100.000 transactions par jour. Ces chiffres très flatteurs ne doivent pas cacher la marge de progression qui existe encore, si l’on compare les données avec celles des autres pays européens. Même si 11 sites français figurent dans le top 30 européen des sites les plus fréquentés.

Ces évolutions s’expliquent d’abord par les nouveaux comportements des internautes. En effet, un seuil historique vient d’être dépassé : en décembre, plus de 50% des Français ont utilisé Internet dans le mois écoulé. De plus, 84% des internautes sont maintenant connectés à domicile en haut débit. Ainsi le profil du cyber-acheteur évolue et on assiste aujourd’hui à une démocratisation du commerce en ligne (plus de femmes, plus de « CSP- »). Les nouveaux acheteurs ont été si nombreux en 2005 qu’un Français sur quatre a déjà acheter en ligne. Internet a changé les habitudes d’achat. Les consommateurs vont sur Internet avant d’aller en magasin, mais ils font aussi l’inverse. Noël devient par la même occasion une chance pour redynamiser le commerce traditionnel. A ce titre, l’exemple de la Fnac est édifiant, qui voit ses rayons se désengorger à cette période de l’année, libérant ainsi du temps de conseil et d’écoute pour les vendeurs.

Le seuil des 11000 sites marchands sera bientôt atteint (ils n’étaient que 7500 en 2004). Plus de la moitié d’entre eux font moins de 10 transactions par mois, la part monte à 80% en prenant le plafond de 100 transactions. Pour Renaud Dutreil, «le développement du commerce électronique est une formidable opportunité offerte aux PME. Elles peuvent avoir des clients dans le monde entier sans devoir atteindre cette taille critique nécessaire à un développement international. C’est une aide à l’export dont les entreprises doivent savoir profiter». Dans cette perspective, les petites entreprises doivent être attentives à leur visibilité. Les critères de notoriété retenus par le consommateur lors du choix des sites révèlent un besoin de mise en confiance, les habitudes d’achat se figeant très rapidement. Seuls 1/3 des cyber-acheteurs citent «le prix le plus bas» dans leurs critères de choix d’un site de e-commerce.

(1) 3 Suisses, Accord Hôtels, Alapage, Camif, Camif Collectivités, Digibao, Expedia – Anyway, Fnac.com, France Loisirs, Home Shopping, Ipsopresto, JM Bruneau, La Redoute, Lastminute, LDLC, Manutan, Mistergooddeal, Musique&Film, Nouvelles Frontières, Opodo, Pixmania, Quelle, Raja, Rue du Commerce, Surcouf, Viking, Voyages Loisirs, Voyages SNCF.com, Vert Baudet, Welcome Office
Dossier complet à télécharger

Pour en savoir plus :

Présentation du «Bilan e-commerce 2005»

Panel Fevad / iCE

Baromètre Fevad / Directpanel « Les achats en ligne de fin d’année»

Baromètre trimestriel de l’audience des sites marchands français
sur le site de la Fevad : www.fevad.com