19/09/05

La CRMA Basse-Normandie

pionnière dans l'aide technologique

Pour répondre aux besoins de technologies des artisans de Basse, Rémi Laurent a été le premier ingénieur en France à intégrer une Chambre Régionale de Métiers et de l'Artisanat (Basse-Normandie) en octobre 1990.

Une analyse des besoins

La CRMA ne recrutait pour l'essentiel que des juristes, des économistes ou encore des gestionnaires. "Les élus, comme le Directeur de la CRMA de l'époque, étaient convaincus que l'artisanat avait besoin d'innover et d'acquérir de nouvelles technologies. Les résultats d'une étude réalisée par un cabinet extérieur avaient confirmé cette tendance et rassuré les financeurs, en l'occurrence le ministère des PME. C'est cette analyse qui a conduit à la création d'un poste centré sur le transfert de technologies.

L'idée du ministère était de procéder à une expérimentation. Avant lui, jamais un ingénieur n'avait occupé un poste au sein d'une Chambre Régionale de Métiers et de l'Artisanat. Pour Rémi Laurent, il s'agissait donc d'une sorte de challenge. Disposant d'une culture technique, plutôt orienté vers l'informatique et l'électronique, ce jeune ingénieur allait devoir jouer le rôle d'un médiateur, voire d'une véritable interface, capable à la fois de comprendre le langage d'un artisan qui a un besoin technologique et celui d'un enseignant-chercheur ou d'un technologue qui peut y répondre. "Au début, j'ai dû visiter tous les types d'entreprises dans de multiples secteurs très différents les uns des autres".

La nécessité d'un interlocuteur de proximité

Au fil des années, trois ingénieurs ont rejoint Rémi Laurent au sein de la CRMA. Là encore, la Basse-Normandie a été pionnière au plan national dans l'émergence de cette notion de Conseiller en développement technologique dans les Chambres Régionales de Métiers et de l'Artisanat qui a bénéficié de financements spécifiques. Près d'une quinzaine de régions françaises ont créé des postes de Conseillers en développement technologique au sein des CRMA. Néanmoins, la Basse-Normandie conserve toujours une longueur d'avance avec un réseau animé par les responsables de services économiques et constitué d'une équipe de quatre ingénieurs de la CRMA, et de neuf autres conseillers de "terrain", répartis sur les trois départements. Si les responsabilités qu'il occupe aujourd'hui ont modifié quelque peu son travail au quotidien, il continue d'exercer plus que jamais son métier de Conseiller en développement technologique, intervenant désormais dans ses domaines des TIC et l'électronique, à la demande ou en appui d'une Chambre de Métiers et de l'Artisanat départementale.

Plus d'un millier d'entreprises bas-normandes bénéficient de prestations de ce réseau d'experts

Chaque année, plus d'un millier d'entreprises bas-normandes bénéficient de prestations de ce réseau d'experts. Celles-ci vont de la simple demande d'information suite à la lecture d'un des produits d'informations diffusés par les CMA à l'accompagnement d'une entreprise dans le cadre d'un projet. "Généralement, nous pénétrons dans l'entreprise par la petite porte. Une question précise nous est posée, il faut y apporter une réponse précise. L'important est d'établir un climat de confiance qui va pousser progressivement l'entreprise à se dévoiler", constateRémi, d'où cette logique de réseau qui permet à chacune de ces entreprises de bénéficier des conseils et du savoir-faire d'un interlocuteur de proximité. "L'artisan a besoin de cet interlocuteur de proximité, c'est essentiel. Ce n'est qu'avec lui qu'il pourra essayer d'élargir sa réflexion sur son entreprise, de se poser d'autres questions et d'aborder d'autres sujets".

Rester en contact avec le terrain

Le Réseau de Développement Technologique (RDT) de Basse-Normandie, créé en février 1991, l'animateur était alors Gilles Mariey, aujourd'hui Directeur du Centre des Technologies Nouvelles (CTN). Il a su ne pas avoir d'a priori quant au choix des membres du RDT, il fut le premier à prescrire une PTR (Prestation Technologique Réseau) en Basse-Normandie, dans un secteur très traditionnel, celui de la machine agricole. Aujourd'hui, Rémi Laurent est toujours conseiller en développement technologique à la CRMA, et sa mission, avec sa spécificité « artisanat », s’articule parfaitement avec celle d’un membre du RDT qu'anime désormais Jean-Pierre Larcher. "Dans le cadre de ces deux missions, il est impératif de rester en contact avec le terrain, sinon, le risque est de réaliser des actions, mais de perdre cette accroche nécessaire auprès des entreprises", insiste-t-il. Ce risque est d'autant plus grand quand le secteur est aussi versatile que celui des TIC.

Chambre Régionale de Métiers et de l'Artisanat de Basse-Normandie

Rémi Laurent, Chef de Service Technologie, Environnement, Qualité

Tél. +33(0)2 31 95 42 00 - Fax. +33(0)2 31 95 99 30

Source : Sciencetech