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L’Oise, un nouveau pôle de croissance au nord de Paris
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L’expérience peu probante de la gare TGV au cœur de la Picardie, surnommée la « gare des betteraves », faisait craindre à certains un échec cuisant pour l’aéroport de Beauvais. Non seulement le trafic ne cesse d’augmenter, mais cette croissance rejaillit sur toute l’activité économique de l’Oise. Une aubaine pour la CCI de Beauvais et ses 20.000 ressortissants .
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L’accueil des compagnies aériennes à bas coût peut être une très bonne affaire pour les aéroports régionaux. La preuve à Beauvais, à une heure de Paris, où l’arrivée de Ryanair a changé la donne et permis à la CCI de l’Oise, concessionnaire de l’aéroport, de passer d’une situation déficitaire à un vrai confort financier. En six ans, le nombre de destinations desservies n’a cessé de croître avec l’accueil de nouvelles compagnies, si bien que l’aéroport de Paris-Beauvais-Tillé revendique un rôle de carrefour au cœur de l’Europe :
Espagne, Italie, Scandinavie, Pologne, Hongrie, Iles Britanniques et Maroc. Une activité passagers à laquelle il faut ajouter le fret puisque le Beluga, l’avion cargo d’Airbus, fait régulièrement escale en Picardie pour charger des éléments du cockpit de l’A380, assemblés dans la région. La somme des activités générées par le trafic aérien (locations de voitures, commerces, etc.) permet ainsi la collecte annuelle de 8 millions d’euros de taxe professionnelle supplémentaire pour la communauté d’agglomération du Beauvaisis.

« Grâce à l’aéroport, nous avons fait comprendre à nos entreprises que l’international n’était pas inaccessible », se réjouit Jacky Lebrun, président de la CCI de l’Oise. Régulièrement, en plus de ses formations à l’export, la Chambre organise des déplacements dans les villes desservies depuis Beauvais. De même, les dirigeants intéressés par un pays en particulier sont incités à se structurer en club afin d’agir ensemble. Le projet « 100 nouveaux exportateurs » s’inscrit dans cette démarche d’assistance aux entreprises. Le but est de démythifier l’export en faisant de ces marchés des débouchés naturels pour les PME de l’Oise.

Les actions menées en faveur de la création d’entreprise recouvrent également plusieurs formes. Non seulement la CCI de l’Oise est co-créatrice et pilote du projet CFEnet (déclaration de création sur Internet), mais le « point chance » s’ajoute comme une main tendue aux porteurs de projet : l’année dernière, 450 jeunes entreprises ont bénéficié des prêts d’honneur de 7.500 euros mis en place dans le cadre de ce programme, assortis d’un accompagnement par des associations spécialisées. Le bilan est flatteur puisque le taux d’échec ne dépasse pas les 18%. Les entreprises en difficulté ne sont pas oubliées : un service dédié est chargé d’anticiper les problèmes pour agir le plus en amont possible. «Souvent, constate Jacky Lebrun, les dirigeants ont honte d’exprimer leurs soucis. C’est à nous de détecter les premiers signes de défaillance. Sur les 200 entreprises auscultées en 2005, 160 ont été sauvées.» Ce succès s’explique par les visites incessantes sur le terrain du responsable du service, Alain Merlin, mais aussi par la mise en place d’une ligne directe entre la CCI, l’Urssaf, les services fiscaux et les banques.
Aujourd’hui, grâce à son ouverture sur le monde et à ses nouveaux moyens, l’Oise voit plus loin. Le projet de création d’un aéroport industriel se fait jour, en partenariat avec la CCI de Péronne. De même avec Lille pour la mise en exploitation d’un canal fluvial Seine-Nord, nouvel axe de communication destiné à alléger le réseau routier entre Paris et la Belgique.
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