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27/02/06
Qu’est-ce qui se cache derrière la baisse du nombre d’emplois dans les grandes surfaces alimentaires (GSA) en 2004 ?
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L’enquête annuelle FCD sur l’emploi dans le secteur de la grande distribution à dominante alimentaire a montré que, pour la première fois en 2004, ce secteur n’a pas été créateur net d’emplois, reculant d’environ 0,1 %.
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Ce faible recul masque des situations très contrastées entre les hypermarchés (-0,8%), les supermarchés (+0,07%) et le maxidiscompte (+6%).
Les principaux facteurs explicatifs de cette évolution, qui devrait être confortée en 2005, sont les suivants :
1 La concurrence accrue des grandes surfaces spécialisées (GSS) s’exerce principalement sur les hypermarchés, et leurs rayons non alimentaires.
Alors que les autorisations de créations ou d’extension de grandes surfaces alimentaires, hypermarchés compris, croissent régulièrement (de 600 000 m² en 2002 à plus de 800 000 m² en 2005), celles des GSS sont énormes (de 2,3 millions de m² en 2002 à 2,8 millions de m² en 2005). Le nombre d’emplois créés par ces secteurs dépasse à lui seul les pertes des hypermarchés.
2 La part croissante du parc de magasins alimentaires de maxidiscompte, qui représentent désormais plus de 20% des autorisations de création ou d’extension, a un effet déflationniste sur l’emploi des GSA dans la mesure où leur densité d’emplois par 1 000 m² commerciaux est beaucoup plus faible (14) que celle des supermarchés (24) ou des hypermarchés (35).
Ce facteur est aggravé par la stratégie de certains groupes qui, comme Casino ou Auchan, transforment de nombreux supermarchés et désormais quelques hypermarchés, en magasins de maxidiscompte, y compris de grande taille (jusqu’à plusieurs milliers de m² de surface de vente).
3 Dans ce contexte, la baisse des prix de produits de grandes marques, entamée à partir de la fin de l’été 2004, financée en partie par les enseignes de la grande distribution, et qui s’est poursuivie et accélérée au moins sur le premier semestre 2005, augmente la fragilité de l’emploi, ce qui risque de créer une spirale destructrice d’emplois, à l’instar de ce qu’ont vécu les Pays-Bas il y a 3 ans. Il y a tout lieu de craindre que le mouvement de suppression d’emplois ne s’accentue en 2005.
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L’inversion de tendance constatée en 2004 dans le rythme de développement de l’emploi des GSA intervient dans un contexte de forte croissance du nombre des magasins et des surfaces totales.
En quatre ans (septembre 2001/septembre 2005), selon les données chiffrées fournies par le magazine Panorama, les surfaces totales de GSA sont passées de 15,8 à 17,7 millions de mètres carrés (+12%). Dans le même laps de temps, les hypermarchés sont passés de 1173 à 1372, et ont gagné plus d’un million de m² (+16%). Pour la seule année 2004, qui a vu le fort recul de l’emploi des hypermarchés, leur surface cumulée a crû de près de 4% (et le mouvement s’est confirmé en 2005).
Ce recul intervient donc dans un contexte d’abondance de l’offre (8781 GSA recensées en septembre 2001 et 9587 en septembre 2005), de concurrence accrue et de baisse des prix d’un nombre important de produits.
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