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20/01/06
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La Siagi, un outil pour financer et accompagner les entreprises
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Il n’y a encore pas si longtemps, le chef d’entreprise qui cherchait un partenaire financier pour se porter garant auprès d’une banque devait se plonger dans un maquis impénétrable. Les 260 sociétés de cautionnement mutuel sont aujourd’hui rassemblées au sein de trois organismes : la Socama (réseau Banques Populaires), Sofaris (groupe Oséo) et la Siagi. Rencontre avec son directeur général, Michel Cottet
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La Société de caution mutuelle de l’artisanat et des activités de proximité (Siagi) a été créée par le réseau des chambres de métiers en 1964, afin d’améliorer l’accès aux crédit pour le secteur artisanal. «Les banques font appel au cautionnement mutuel quand elles estiment qu’elles ne peuvent assurer le risque seules, explique Michel Cottet, le directeur général de la Siagi. Plus les inconnues d’un dossier sont nombreuses, plus les banques vont chercher de l’assurance, de la sécurité. Nous sommes des incitateurs pour que les banques accordent des crédits aux chefs d’entreprise.» Sur le terrain, 90 personnes expertisent les entreprises, leurs dirigeants, et négocient pour leur compte avec les banques.
Mais loin de se cantonner à sa mission d’origine, la Siagi élargit aujourd’hui son portefeuille de compétence. L’ouverture de son capital (1) permet la création d’une réserve pour respecter un bon rapport entre engagements et fonds propres. Elle lui donne surtout les moyens de ses ambitions, tout en développant l’aspect pédagogique de sa mission. Siagnostic, le service de prévention des risques, intervient après le cautionnement. Comme pour le commerce, où les trois règles d’or sont « l’emplacement, l’emplacement et … l’emplacement », les experts de la Siagi se focalisent sur la trésorerie des entreprises. « Nos experts sont en relation avec les emprunteurs pour s’assurer qu’il n’y a pas d’anomalie dans les comptes de l’entreprise. Nous avons la possibilité de déclencher un audit par la chambre des métiers et de l’artisanat compétente. Ce service est compris dans l’offre de caution.» Une initiative récompensée par le label «Best practice» de l’Union européenne. Autre exemple : le projet Care 2001. «C’est une bonne idée, mais qui est arrivée trop tôt, concède Michel Cottet. Il s’agit de la mise en place d’une garantie de substitution, avec l’implication des proches du chef d’entreprise. Le dispositif commence à véritablement porter ses premiers fruits aujourd’hui.»

Autre enjeu d’avenir pour l’institution: la transmission d’entreprise. Le suivi des repreneurs potentiels est devenu la première activité de la Siagi, car «80% d’entre eux sont extérieurs à l’entreprise, et même souvent extérieurs au secteur d’activité. Il y a donc un grand besoin d’accompagnement. Quel que soit le secteur, le profil du repreneur compte plus que tout. C’est pourquoi nous avons mis en place le «profileur», un outil d’évaluation des candidats à la reprise». La Siagi fait ainsi du cas par cas, visite les entreprises. «C’est cher, mais indispensable. Nous ne sommes pas à quelques centaines d’euros pour collecter l’information suffisante. Nous avons une culture de l’investissement et dans notre cas, l’information est une donnée essentielle dans la réussite des projets soutenus.» Aujourd’hui, la moitié des entreprises épaulées par l’organisme sont issues du secteur artisanal. Les commerces, et dans une moindre mesure les professions libérales, constituent l’autre moitié de l’activité. «C’est dire à quel point la Siagi a une fonction d’animation des territoires».
Malgré cette montée en compétence, la Siagi est aujourd’hui l’organisme le moins connu des trois existants. « Le réseau consulaire a sans doute du mal à faire la pleine promotion de son outil », constate Michel Cottet. De plus, le travail de promotion auprès des banques s’avère souvent difficile, car les grands réseaux ont déjà beaucoup de produits à vendre. «La Siagi est un outil externe et les banquiers ne pensent pas spontanément à nous. Nous espérons que l’ouverture du capital va aider à la diffusion de nos services».
(1) En 2004, 7 établissements (Crédit Agricole, Crédit Lyonnais, BNP Paribas, Crédit Mutuel, Société Générale, Caisse d’Epargne et Oséo Sofaris) sont entrés à hauteur de 25% dans le capital de la Siagi.
Cinq savoir-faire complémentaires
1 L’expertise des projets d’investissements. Analyse des projets soumis pour identifier ceux qui peuvent être financés de ceux qui méritent d’être reportés ou améliorés. La rencontre avec l’entrepreneur et l’activité de conseil sont indispensable pour assurer la réussite des projets.
2 La prévention des risques économiques. Afin de favoriser la pérennité des entreprises, Siagnostic est un baromètre financier qui permet à l’entreprise d’alerter son conseiller dès la détection d’une situation anormale avant un éventuel incident.
3 La garantie financière. Dans le cadre du programme CARE 2001, en cas de défaillance d’un emprunteur, la Siagi se substitue à lui pour indemniser la banque grâce à son fonds de garantie mutuel.
4 Médiation, contentieux, recouvrement. Lors d’incidents de paiement, la Siagi œuvre à trouver des solutions qui permettront la poursuite de l’activité de l’entreprise. Elle peut aussi gérer la procédure contentieuse et le recouvrement des créances, selon les conventions liées avec les banques partenaires.
5 La gestion de l’information. Connaissance historique des secteurs d’activité, connaissance singulière de l’entreprise emprunteuse, transformation des informations en décisions : la qualité du service financier dépend de la qualité de l’information recueillie. Elle permet enfin à la Siagi d’imaginer de nouveaux services à rendre aux entrepreneurs à court terme.
À noter : la Siagi sera à nouveau présente sur le Salon des entrepreneurs, du 1er au 3 février. Les candidats au cautionnement mutuel peuvent remplir le dossier disponible en ligne (). Les demandes seront analysées et déboucheront sur un entretien individuel.
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